Neokasteyano

Textes en néocastillan

Exemples de textes en néokastillan.

 

(néokastillan 2010-JAP)

Tristes guerres si ce n’est pas l’amour l’entreprise.

Tristes, tristes.

Tristes armes si ce ne sont pas les paroles.

Tristes, tristes.

Tristes ombres si elles ne meurent pas d’amour.

Tristes, tristes.

Kanzionero i rromanzero de ausenzias Migel Ernández (Miguel Hernández)

Prononciation Tristes Guerres

 

LE GARÇON PAYSAN
                        Miguel Hernández Néokastillan 2010-jap

Prononciation


 

Viande de joug, est né 
plus humide que le verre, 
avec le cou poursuivi 
par le joug pour le cou. 

Naît, comme l’outil,
destiné aux coups, 
d’une terre mécontente 
et d’une charrue insatisfaite. 

Entre fumier pur et vivant 
de vaches, il apporte à la vie 
une âme couleur d’olive 
déjà vieille et calleuse. 

Il commence à ressentir, et il sent 
la vie comme une guerre, 
et à donner péniblement 
dans les os de la terre. 

Il ne sait pas compter ses années, 
et il sait déjà que la sueur 
est une couronne lourde 
de sel pour le laboureur. 

Il travaille, et pendant qu’il travaille 
sérieusement masculin, 
il s’oint de pluie et se pare 
de chair de cimetière. 

À force de coups, fort, 
et à force de soleil, poli, 
avec une ambition de mort 
il déchire un pain disputé. 

Chaque nouveau jour est 
plus racine, moins créature, 
qui écoute sous ses pieds 
la voix de la sépulture. 

Et comme une racine il s’enfonce 
lentement dans la terre, 
pour que la terre inonde 
de paix et de pains son front. 

Ce garçon affamé me fait mal 
comme une grande épine, 
et sa vie cendrée 
remue mon âme de chêne. 

Je le vois labourer les chaumes, 
et dévorer un morceau de pain, 
et déclarer avec les yeux 
pourquoi il est viande de joug. 

Il me donne sa charrue dans la poitrine, 
et sa vie dans la gorge, 
et je souffre en voyant la jachère 
si grande sous sa plante. 

Qui sauvera ce petit garçon 
plus petit qu’un grain d’avoine ? 
D’où sortira le marteau 
bourreau de cette chaîne ? 
Qu’il sorte du cœur 
des hommes journaliers, 
qui avant d’être hommes sont 
et ont été enfants paysans. 

(vent du peuple)